Le cinéma 2001-2002


Isabelle Huppert

Les films de l'année 2001

Les films de l'année 2002

* La Chambre du fils de Nanni Moretti, sorti en 2001; avec Nanni Moretti, Laura Morrente, Jasm Trinca

Palme d'Or méritée à Cannes 2001,ce film présente une analyse rigoureuse, intime et juste des conséquences de la mort du fils qui pertube à des degrés divers toute la famille, même le père, psychiatre expérimenté. Mais progressivement un espace se dégage pour une lente reconstruction.

Le personnage de Giovanni, que Moretti incarne depuis son premier film, cherche à transformer la société. Volontiers donneur de leçon, il nous donne des pistes pour se révolter contre une société qui n'accorde plus d'importance à la beauté des gestes, des paroles et des actes. Parallèlement à sa vie personnelle qui l'a conduit de célibataire marginal à celui de jeune père de famille, porte-drapeaux du cinéma italien, Moretti accorde une place de plus en plus grande à la famille et à la mise en scène : n'hésitant dorénavant plus à ciseler la mise en scène de ses films comme les grands maîtres hollywoodiens et à construire l'image d'une famille idéale.

Moretti superpose la légende antique à la légende biblique : la grotte est un labyrinthe et Ariana arrive trop tard. Giovanni préfère, dans les photos de sa chambre prises par Andrea, celle où il est plié sous le bureau. Cette posture, de même que la chambre elle-même dans la maison, évoquent une possible prison dans laquelle un père trop possessif voudrait maintenir son fils.

Loin d'être un film sur le deuil, un film sur l'acceptation de la mort, La chambre du fils offre plutôt des pistes pour apprendre à se séparer de ses enfants. Car si le paradis, c'est la famille, il faut aussi apprendre à se séparer de ses enfants avant qu'il ne soit trop tard et a construire autour de ce qu'ils ont créée : ici une relation amoureuse.


* La Chambre des officiers , de François Dupeyron, sorti en 2001, durée 135 mn,
avec Eric Caravaca (Adrien), Denis Podalydès (Henri), Gregori Derangère (Pierre), Sabine Azéma (Anaïs), André Dussollier (Le chirurgien), Isabelle Renauld (Marguerite), Géraldine Pailhas (Clémence), Catherine Arditi, Jean-Michel Portal, Guy Tréjan.

En août 1914, aux premiers jours de la guerre, Adrien, un jeune et séduisant lieutenant, part en reconnaissance à cheval. Un obus éclate et lui arrache le bas du visage. La guerre, c'est à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce qu'il la passe, dans la chambre des officiers. Il est le premier à occuper cette pièce à part réservée aux gradés atrocement défigurés par leurs blessures. Il est bientôt rejoint par de nombreux officiers qui réagissent, chacun avec leurs personnalités aux souffrances qu'ils subissent.
Adrien va rester enfermé, subissant de nombreuses opérations, pendant plus de cinq ans, jusqu'après la fin du conflit.

Dans ce film, François Dupeyron dénonce bien sûr les atrocités de la guerre, mais s'intéresse en priorité aux réactions individuelles devant la perte d'identité que constitue une mutilation grave. Dans cette situation, les premiers temps sont une lutte contre la souffrance physique, mais une fois que celle-ci devient moins aigue, il faut affronter le regard des autres, des proches, mais surtout son propre regard.


* Intimité ( Intimacy ) de Patrice Chéreau, sorti en 2001, scénario de Anne-Louise Trividiv et Patrice Chéreau d'après le roman de l'écrivain anglais d'origine pakistanaise Hanif Kureishi, durée : 120 mn , avec Mark Rylance (Jay), Kerry Fox (Claire), Timothy Spall, Philippe Calvario. Prix Louis Delluc 2001

Jay a tout plaqué, son ancien boulot, sa femme et ses enfants. Il est devenu chef barman dans un pub branché de Londres. Claire se joue la comédie et apprend aux autres la comédie. Elle a un fils et un mari.
Elle vient tous les mercredi, à 2 heures pile chez lui. Ils enlèvent leurs vêtements pas sexy. Ils se parlent à peine et font l'amour avec passion dans un cadre d'une banalité affligeante. Elle s'en va.
Jusqu'au jour où le mystère est plus fort, où le déclic se produit. Jusqu'au jour où il la suit, rompant ainsi le pacte tacite d'amour physique absolu.

Encore une fois, Chéreau s'affirme comme le cinéaste des corps. Sa caméra entretient une véritable complicité avec la peau, les muscles, les formes, comme s'il sculptait par la lumière ses acteurs.
Mais il repose aussi la question de la possibilité d'un amour détaché de tout contact social, comme Albert Cohen l'avait magistralement fait dans son roman "Belle du Seigneur".
Ce film rencontre le succès auprès du public. Absent de Cannes, il remporte l'Ours d'or à Berlin et Kerry Fox, dans le rôle principal, le Prix d'interprétation masculine. On y retrouve tous les thèmes de Chéreau, toutes ses angoisses, une certaine liberté de comportement mêlée à une âpreté des sentiments.

Biographie et filmographie complète de Patrice Chéreau


* Le fabuleux destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet, sorti en 2001, scénario de Jean-Pierre Jeunet et Guillaume Marchand, durée 120 mn, musique de Yann Tiersen ; avec : Audrey Tautou (Amélie Poulain), Mathieu Kassovitz (Nino), Rufus (le Père d'Amélie), Jamel Debbouze (Lucien), Isabelle Nanty (Georgette), Serge Merlin (le peintre)

Enfant, Amélie n'a pas connu la tendresse. Très tôt sa mère est morte, écrasée sous une touriste tombée d'une tour de Notre-Dame de Paris; son père a reporté toute son affection sur un nain de jardin.
Adulte, Amélie vit seule. Serveuse dans un bistro montmartrois, elle prend plaisir à des riens : craquer la croûte des crèmes brûlées, plonger sa main dans un sac de grains, faire des ricochets sur l'eau

La nuit du 30 août 1997, elle se découvre une vocation, le bonheur des gens, à leur insu : elle restitue à un quidam la boîte à trésors de son enfance, favorise une idylle amoureuse entre une hypocondriaque et un jaloux maladif, aide un peintre à mettre la dernière touche à sa énième copie du Déjeuner des canotiers, vole au secours d'un commis épicier martyrisé par son patron.
Mais qui assurera son bonheur à elle? Elle le trouvera auprès d'un collectionneur de Photomatons ratés, au terme d'une longue partie de cache-cache à Montmartre et dans les gares parisiennes.

C'est, selon Jean-Pierre Jeunet, « un film conçu pour rendre les gens heureux », c'est surtout un grand succès populaire, et un film connu aux USA. Avec des moyens efficaces, le spectateur est plongé dans une ivresse légère, une euphorie qui ressemble au bonheur. Déjà, avec Delicatessen (1991) et La cité des enfants perdus (1995) où il était associé, au scénario et à la réalisation, à Marc Caro, le cinéaste avait manifesté avec éclat son goût des situations et des personnages loufoques et ses deux films étaient apparus comme les équivalents cinématographiques des meilleurs dessins animés et bandes dessinées.

*  VA SAVOIR de Jacques RIVETTE, sorti en 2001, avec Jeanne Balibar, Sergio Castellitto, Marianne Basler, Jacques Bonnaffé

A travers les représentations de "Comme tu me veux " de Pirandello, en italien, et les correspondances entre théâtre et réalité, une série d'histoires tendres et drôles. Les retrouvailles improbables de deux amants séparés, la quête d'un manuscrit perdu de Goldoni, une thèse sur les fibules croise le destin d’êtres aux limites des amours incestueuses ou de comportements délictueux.
Un long film labyrinthique mais fluide et délicatement harmonieux.

voir la biographie et filmographie de Jacques Rivette


* MULHOLLAND DRIVE de David LYNCH, sorti en 2001, durée 146 mn; avec Naomi Watts (Betty/ Diane), Laura Helena Harring (Rita/Camilla), Justin Terroux (Adam Kesher), Ann Miller (Coco/la mère d'Adam)

Une jeune femme brune échappe simultanément à un attentat et à un accident sur Mulholland drive, route déserte proche d'Hollywood. Choquée et amnésique, elle trouve refuge chez une jeune fille blonde, Betty, provinciale qui rêve de devenir une star.
La brune dit s'appeler Rita; avec l'aide de Betty, elle se met en quête de son identité et de son passé. Dans le même temps, Betty, après une audition, semble bien partie pour s'introduire dans le milieu du cinéma où un metteur en scène, Adam Kesher, l'a remarquée.
Au cours de leurs recherches, les deux jeunes femmes se rendent chez une certaine Diane avec qui Rita aurait, avant l'accident, habité. Elles y découvrent un cadavre de femme en voie de décomposition.
Bouleversées, Betty et Rita se pressent dans les bras l'une de l'autre; elles sont amoureuses. Comme d'un cauchemar, Betty se réveille: elle est Diane, dans sa propre maison. Fatiguée, négligée, elle a tout raté. Comédienne de seconde zone, amoureuse folle d'une star, Camilla, qui n'est autre que Rita, fiancée de Kesher, Diane est droguée, se prostitue. Elle engage un tueur pour éliminer Camilla, puis se suicide.


Jeu troublant de miroirs

C'est une plongée vertigineuse dans l'univers d'Hollywood avec plusieurs lectures possibles, rêve, fantasmes, ou retour arrière avec exploration du passé de Rita la brune amnésique. Ou alors sorte de retour vers le futur entre un avenir désiré par Betty la blonde et la réalité tragique. Des thèmes connexes: influence de la mafia sur le milieu du cinéma et homosexualité féminine. Extraordinaire, complexe, à voir et revoir pour tenter d'entrer dans le monde de Lynch.

Un délicieux vertige saisit le spectateur, conscient d'être manipulé et heureux de l'être. Une séquence encore plus mystérieuse, semble proposer sinon une explication, plutôt une direction de réflexion. Rita et Betty, mues par une force obscure, sont entrées dans une sorte de music-hall, presque vide, où se déroule un étrange spectacle. Sur scène il n'y a pas d'orchestre, mais on en entend un, très présent. Une chanteuse s'avance.
Sa voix est magnifique; paroles et musique déchirantes. Betty et Rita fondent en larmes. La femme s'écroule, on la traîne en coulisses. mais elle chante toujours. Dans une loge, une spectatrice enturbannée, au port altier, contemple la scène, impassible. Toute la séquence est placée sous le double signe de l'illusion, qui gomme les frontières entre le vrai et le faux, le rêve et la réalité, et de la manipulation.


* DE L'EAU TIEDE SOUS UN PONT ROUGE de Shoshei IMAMURA, sorti en 2001; avec Koji Yakusho, Misa Shimizu, Mansaku Fuwa

Au delà du réalisme ( les dégâts du chômage au Japon, l’archaïsme d'un village de la côte ouest, la rudesse de la vie des pécheurs, la pollution ) une fable savoureuse sur les effets du plaisir féminin trop contenu.


* La Pianiste de Michael Haneke, film franco-autrichien sorti en 2001, Grand Prix Cannes 2001, scénario adapté d'un livre de la romancière Elfriede Jelinek,
avec Isabelle Huppert (Erika Kohut), prix d'interprétation féminine ; Benoît Magimel (Walter Klemmer), prix d'interprétation masculine ; Annie Girardot (La mère), Udo Samel (M. Blonskij), Anna Sigalevitch (Anna Schober),Susanne Lothar.

Erika Kohut, la quarantaine, est professeur de piano au Conservatoire de Vienne. Pour échapper à son métier très austère et à l'emprise de sa mère possessive et névrosée avec qui elle vit en vase clos, elle fréquente en secret les cinémas pornos et les peep shows. Sa sexualité se résume à un voyeurisme morbide et à des mutilations masochistes qu'elle s'inflige. Un de ses élèves, beaucoup plus jeune, tente de la séduire.

Ce film, en blanc, rouge et noir, qui reçût 3 récompenses méritées à Cannes, explore la part sombre et monstrueuse de l'homme et le rôle oppressant de la société. La dérive sadomasochiste d'Erika, qui pense que son intelligence va suffire à maîtriser ses pulsions, est décrite avec un regard glacial et violent mais non pornographique.
Le caractère irrémédiablement dissymétrique de la sexualité est souligné car ce sont toujours les femmes qui sont les objets pornographiques.
Et puis derrière la description de ce cas pathologique, Haneke en profite pour dénoncer la tradition musicale autrichienne qui participe à l'étouffement culturel du pays.
Isabelle Huppert réalise une performance très forte pour s'immerger dans ce rôle dévastateur.


Isabelle Huppert...

... avec Benoît Magimel

* ATANARJUAT de Zacharias KUNUK, sorti en 2001; avec Natar Unqualaaq, Sylvia Ivalu, Lucy Tulugarjuk

Film Canadien Inuit: Vieille légende filmée dans le grand Nord. Dans un milieu superbe mais hostile les rivalités, la jalousie mais aussi la tolérance et le pardon. Certains acteurs, amateurs, retrouvent les gestes ancestraux que pratiquaient leurs parents pour vivre.

En savoir plus sur la culture Inuit


* HUIT FEMMES de François OZON, sorti en 2002 ; avec Danielle Darrieux, Catherine Deneuve, Fanny Ardant, Isabelle Huppert, Emmanuelle Béart, Virginie Ledoyen, Firmine Richard, Ludivine Sagnier

Entre théâtre filmé, film policier et comédie musicale, une exploration progressive des secrets de famille dans un huis-clos décapant. Chaque actrice chante une chanson ancienne. On retrouve le charme de certains films d'Alain Resnais.
Voir fiche détallée :
8 Femmes


* PARLE AVEC ELLE de Pedro ALMODOVAR, sorti en 2002, avec Javier Camara, Dario Grandinetti, Rosario Flores, Leonor Walting.

Les destins croisés d'un journaliste au chevet d'une torero et d'un infirmier amoureux d'une danseuse. Ces deux femmes sont dans un coma profond. La torero meurt de la demi indifférence de ses proches, c'est la leçon claire du premier cas. Le second est plus ambigu et intéressant: le geste de l'infirmier est-il un viol sordide ou un sacrifice rédempteur?

Plus de détail sur ce film


* L'HOMME SANS PASSE de Aki KAURISMAKI, sorti en 2002 ( titre original: Mies Vailla Menneisyyttä), Finlande, avec Markku Peltola, Juhani Niemela, Kati Outinen ( prix d'interprétation féminine Cannes 2002)

Un homme arrive en train à Helsinki où il espère trouver du travail. A peine sorti de la gare, il est volé et tabassé dans un faubourg de la ville. Sa mort est constatée à l'hôpital, mais il se réveille et s'enfuit, avant d'intégrer une petite communauté de miséreux de la banlieue, encadrée par l'Armée du salut. Il ne se souvient plus de son nom ni de sa vie passée. Amnésique, il commence tant bien que mal une nouvelle vie, et s'amourache d'Irma, préposée à la soupe populaire. Il loge dans un container près du port qu'il a nettoyé de fond en comble et dans lequel il a installé un jux-box.

Il fait pousser des pommes de terre, se trouve des amis et un chien, rénove la musique de l'Armée du salut. Il est embauché comme soudeur mais, lorsqu'il veut ouvrir un compte dans une banque, il est pris en otage par un patron furieux de devoir fermer son usine du fait des manœuvres boursières de son actionnaire. Inquiété par la police, "M" n'échappe à l'incarcération que par la grâce d'un avocat envoyé par l'Armée du salut. Sa photo étant paru dans les journaux, sa femme le reconnaît. De retour chez lui, sa femme lui apprend qu'ils étaient sur le point de divorcer et qu'elle s'apprête à refaire sa vie avec son amant. "M" retourne joyeusement à Helsinki retrouver Irma.

Film finlandais ayant obtenu le Grand prix du Jury Cannes 2002: C'est une fable tendre et drôle mais un peu caustique sur la nature humaine, l'absurdité de la bureaucratie. Dans ces conditions un peu limite la famille traditionnelle n'est pas d'un grand réconfort, seules quelques rencontres de hasard apportent le réconfort qui permet de continuer à vivre . Nous sommes proches de Chaplin ou plus près de nous de Takeshi Kitano. La musique est décalée et nostalgique.

L'Homme sans passé est décrit par Kaurismäki lui-même comme un "drame épique" coloré et musical, avec pour héros des "cœurs solitaires aux poches vides". Il ne s'agit là que de l'apparence superficielle du film qui, précise-t-il, traite aussi de "la situation politique et sociale", de "la morale et de l'amour". Le film est en effet moins un drame épique qu'une comédie sociale dans le ton de la comédie italienne des années soixante. Quand la situation sociale est aussi effroyable, il ne reste qu'à en rire. Les autorités, l'hôpital, les policiers, la bourse ou l'ANPE, trop habitués à juger sur les apparences premières font preuve d'un total manque de discernement avant de prouver leur manque d'humanité.


* AU PLUS PRÈS DU PARADIS de Tonie MARSHALL, sorti en 2002 ; avec Catherine Deneuve, William Hurt, Bernard Le Coq, Patrice Chéreau, Hélène Fillières

Bernard, dans sa voiture de sport rouge, attend Fanette à la sortie d'un club. Ils se sont connus étudiants, il l'a aimé et l'aime encore. Il évoque Philippe, le grand amour de Fanette. Il veut la raccompagner. Elle refuse. Au cinéma, elle voit la fin du film Elle et lui et pleure.
Elle croit apercevoir la silhouette de Philippe. Rentrée chez elle, sa fille Lucie, homosexuelle, lui reproche amèrement de ne pas avoir prévu de chambre pour elle dans son nouvel appartement. Elle croit à nouveau voir Philippe, trouve une note délavée par la pluie, lui fixant rendez-vous à New York (comme dans le film de McCarey).
Fanette est en train d'écrire un livre sur un peintre abstrait. Il lui manque les clichés de deux toiles qui sont justement aux États-Unis. Elle part pour New York où sa photographe habituelle est remplacée par Matt. Ils partent en voiture pour Boston où se trouve une des toiles.

Dans un bar, Matt la caresse audacieusement. Elle est troublée et rentre précipitamment pour New York où Matt la rejoint et l'invite à dîner. Bernard apparaît, se joint à eux et parle de Philippe. Matt chantonne : "Si tu ne peux vivre avec celui que tu aimes, aime celui avec qui tu vis". Se dirigeant vers le lieu de rendez-vous, Fanette aperçoit Bernard qui semble également s'y rendre. Elle prend la fuite et revient vers Matt, de l'autre côté de la rue.

 

Inspiré et portant de fréquentes citations du film culte de Leo MacCarey "An affair to Remember " ( Elle et Lui, 1957, avec Deborah Kerr et Gary Grant), ce film imparfait montre une Catherine Deneuve omniprésente ( pratiquement aucune scène sans elle) mais volontairement déstabilisée par un rôle un peu flottant.

Catherine Deneuve est Fanette, au prénom désuet, cinéphile monomaniaque, mère maladroite, sœur impuissante à soutenir son frère alcoolique, critique d'art inspirée par le peintre Arnal. Sans souci de vraisemblance, ce conte a pourtant une conclusion réaliste et le rêve romantique se termine en aventure concrète et le sommet de l'Empire State Building en coin de rue.


* IVRE DE FEMMES ET DE PEINTURES de Im KAKWONK-TAEK, sorti en 2002; avec Choi Min-sik Anh Sung-ki


Film coréen, accompli, généreux et baroque. Entre deux géants, la Chine et le Japon, entre tradition parfaite et modernité aventureuse, entre les paysans violents et les nobles méprisants, la voie de l'artiste est étroite: reste l'alcool et les femmes, mais surtout l'alcool, et la passion de peindre.


* La trilogie: UN COUPLE ÉPATANT ; CAVALE ; APRÈS LA VIE de Lucas BELVAUX;
3 films sortis en 2002-2003; Prix Louis-Delluc 2003 ; Prix Méliès 2003
César 2004 du meilleur montage pour Danielle Anezin, Valérie Loiseleux, Ludo Troch
Voir fiche détaillée : Trilogie de Lucas Belvaux

avec Ornella Mutti, François Morel, ( Un couple épatant ) Catherine Frot , Lucas Belvaux ( Cavale), Dominique Blanc , Gerard Melki ( Après la Vie )


Trois films attachants, tournés en parallèle avec les mêmes acteurs, des scènes communes mais avec des points de vue différents, ce qui est central dans un film devient accessoire ou anecdotique dans les autres.
Lucas Belvaux a confié chaque film à un monteur différent, soulignant ainsi trois styles marqués:
- la comédie dans le premier où la jalousie et les petites dissimulations au sein d'un couple prend des proportions étonnantes;
- le thriller politico-criminel où un dernier nostalgique de l'action directe règle ses comptes dans le sang et
- le drame psychologique dans le troisième avec un flic à moitié honnête qui tente de sauver sa femme du gouffre des drogues dures.


C'est un triptyque qui se hisse au niveau de Resnais ou de Kieslowki (Trois couleurs...) dans une réflexion sur les destins croisés et sur l'importance de ce qui est montré, évoqué ou laissé à l'imagination du spectateur.


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