Marlene Dietrich

Les années 1940 à 1947


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Les films de l'année 1940

  • La Dame du vendredi (His Girl Friday), de Howard Hawks
  • Rebecca de Alfred Hitchcock : Oscar du meilleur film
  • Camarade X (Comrade X) de King Vidor avec Clark Gable, Hedy Lamarr et Felix Bressart.
  • Chercheurs d'or (Go West) de Edward Buzzell avec les Marx Brothers, John Carrol et Diana Lewis.
  • Indiscrétions de George Cukor
  • Docteur Cyclops d' Ernest B. Schoedsack avec Albert Dekker, Janice Logan, Thomas Coley
  • L'Aigle des mers de Michael Curtiz avec Errol Flynn, Brenda Marshall, Claude Rains, Donald Crisp.
  • La fille du puisatier de Marcel Pagnol avec Josette Day, Fernandel, Fernand Charpin et Raimu.
  • Le Dictateur (The Great Dictator) de Charlie Chaplin avec Charles Chaplin, Paulette Goddard et Jack Oakie
  • Rendez-vous (The Shop Around the Corner) d'Ernst Lubitsch avec Margaret Sullavan, James Stewart et Frank Morgan.
  • Les Raisins de la colère, de John Ford, d'après le roman de John Steinbeck

Les films de l'année 1941

  • Citizen Kane de Orson Welles
  • Qu'elle était verte ma vallée (How green was my valley) de John Ford avec Walter Pidgeon, Maureen O'Hara et Donald Crisp - Oscar du meilleur film.
  • Lady Eve (The Lady Eve) de Preston Sturges avec Barbara Stanwyck et Henry Fonda.
  • La grande évasion de Raoul Walsh avec Humphrey Bogart, Ida Lupino, Alan Curtis.
  • Dumbo de Ben Sharpsteen (studios Walt Disney, sorti en France en 1947)
  • Le Faucon maltais (The Maltese Falcon) réalisé par John Huston avec Humphrey Bogart, Mary Astor, Peter Lorre, Gladys George
  • Les Voyages de Sullivan (Sullivan's Travels) comédie de Preston Sturges avec Joel McCrea, Veronica Lake et Robert Warwick.
  • President Krüger : film de propagande antibritannique
  • Soupçons (Suspicion) d'Alfred Hitchcock avec Cary Grant, Joan Fontaine et Nigel Bruce.
  • Uma d'Akira Kurosawa.

Les films de l'année 1942

Les films de l'année 1943

  • Banana split de Busby Berkeley avec Alice Faye, Carmen Miranda
  • Douce de Claude Autant-Lara
  • Les Amants diaboliques , ( Ossessione) de Luchino Visconti
  • Le ciel est à vous de Jean Grémillon
  • Le Corbeau de Henri-Georges Clouzot avec Ginette Leclerc, Pierre Fresnay
  • Les Mystères de Paris de Jacques de Baroncelli
  • Lumière d'été de Jean Grémillon.
  • Pour qui sonne le glas d'après Ernest Hemingway avec Gary Cooper et Ingrid Bergman
  • Vaudou de Jacques Tourneur avec Frances Dee, James Ellison, Tom Conway, Edith Barrett, James Bell
  • Titanic film allemand de de Werner Klingler

Les films de l'année 1944

  • Arsenic et vieilles dentelles de Frank Capra avec Cary Grant, Jean Adair.
  • Hantise de George Cukor avec Charles Boyer, Dame May, Ingrid Bergman, Joseph Cotten
  • La Route semée d'étoiles (Going My Way) de Leo McCarey avec Bing Crosby
  • Assurance sur la mort (Double Indemnity) de Billy Wilder

Les films de l'année 1945

  • Le Poison (The Lost Weekend) de Billy Wilder
  • Les Enfants du paradis de Marcel Carné
  • Au Cœur de la nuit d' Alberto Cavalcanti
  • Brève rencontre (Brief Encounter) de David Lean avec Celia Johnson et Trevor Howard
  • Panique, de Julien Duvivier
  • Escale à Hollywood de George Sidney avec Gene Kelly, Frank Sinatra
  • Falbalas de Jacques Becker
  • Rome, ville ouverte (Roma Città Aperta) de Roberto Rossellini
  • L'Homme du sud de Jean Renoir
  • La Maison du docteur Edwardes d' Alfred Hitchcock avec Ingrid Bergman, Gregory Peck, Michael Chechov
  • Les Enfants du paradis de Marcel Carné
  • Les Trois Caballeros (The three caballeros), dessin animé de Walt Disney
  • Le Roman de Mildred Pierce de Michael Curtiz

Les films de l'année 1946

Les films de l'année 1947

  • Antoine et Antoinette de Jacques Becker
  • Les Maudits de René Clément
  • Feux croisés (Cross Fire) d'Edward Dmytryk
  • Ziegfeld Follies de Vincente Minnelli
  • Panique, de Julien Duvivier
  • Boomerang de Elia Kazan avec Dana Andrews, Jane Wyatt, Lee J. Cobb
  • L'Aigle à deux têtes de Jean Cocteau avec Edwige Feuillère, Jean Marais
  • La Bataille de l'eau lourde de Jean Dréville et Titus Vibe Müller
  • La Chartreuse de Parme de Christian-Jaque avec Gérard Philipe
  • Le_Silence_est_d'or de René Clair avec Maurice Chevalier
  • Le Charlatan d' Edmund Goulding avec Tyrone Power, Joan Blondell
  • La Vallée de la peur (Pursued) de Raoul Walsh
  • La Griffe du passé de Jacques Tourneur
  • L'Aventure de madame Muir de Joseph L. Mankiewicz
  • Les Amoureux sont seuls au monde de Henri Decoin, avec Louis Jouvet, Dany Robin
  • Le Narcisse noir de Michael Powell et Emeric Pressburger
  • Quai des orfèvres de Henri-Georges Clouzot avec Louis Jouvet, Simone Renant, Bernard Blier, Suzy Delair, Charles Dullin
  • Le Diable au corps de Claude Autant-Lara d'après le livre de Raymond Radiguet avec Micheline Presle et Gérard Philipe.

La Belle et la bête, de Jean Cocteau ; scénario de Jean Cocteau adapté de la version du conte publiée en 1757 par Jeanne Marie Leprince de Beaumont ; musique originale de Georges Auric ; directeur de la photographie Henri Alekan ; date de sortie 29 octobre 1946 ; durée 96 minutes;
avec Josette Day ( la Belle ), Jean Marais ( Avenant/la Bête/le Prince ), Marcel André ( le marchand ), Mila Parely ( Félicie ), Nane Germon ( Adélaïde ), Michel Auclair ( Ludovic )

Il était une fois... un riche armateur et ses quatre enfants : Ludovic, un garçon espiègle; deux pimbêches prétentieuses, Adélaïde et Félicie; et la cadette, incarnation de toutes les grâces, Belle. Ils ont pour compagnon de jeux un beau jeune homme un peu fat, Avenant. Un soir, le marchand s'égare dans une forêt profonde. Il commet l'imprudence de voler une rose appartenant à la toute-puissante Bête, monstre à corps d'homme et à tête de lion, qui vit en reclus dans son château. La Bête exige le sacrifice de Belle pour prix de sa clémence. Mais au lieu de la malfaisance attendue, celle-ci découvre chez le bourreau des trésors de générosité. Elle rentre au logis, somptueusement parée. Jalouses, ses sœurs poussent les garçons à prendre leur part. Avenant y laissera la vie, et la Bête seulement sa peau : car le regard d'amour de Belle accourue l'a changée en Prince charmant.

Des bras tiennent des torches et servent à dîner. Les yeux des visages de pierres suivent des déplacements angoissés dans d’immenses pièces sombres à l’image des toiles des maîtres flamands et hollandais tel que Vermeer. Les gravures de Gustave Doré accentuent l’étrangeté angoissante des lieux. La belle se déplace immobile en traversant des rideaux à qui le vent a donné la vie. La bête est omniprésente et lutte contre un instinct sauvage qu’il faut maîtriser. Le déplacement des personnages est lent et flottant. Le temps semble arrêté. C’est une lutte entre deux extrémités la laideur et la beauté qui grâce au langage et à la souffrance endurée se rapprochent de la compréhension.

Depuis Le sang d'un poète (1930), Jean Cocteau (1889-1963) a délaissé le cinéma pour le théâtre et la poésie. En 1943, cependant, L'éternel retour film dont il a écrit (pour Jean Delannoy) « le récit et les paroles », est un grand succès : cette modernisation de la légende médiévale de Tristan et Iseult ravive sa passion de l'écran. Reprenant son interprète d'élection, Jean Marais, il adapte un conte pour enfants, La Belle et la Bête, sans rien abdiquer de sa mythologie personnelle. Il se charge lui-même de la mise en scène. Contre toute attente, alors que la mode était au réalisme, c'est un triomphe.

Le film illustre cette définition que Cocteau donne du cinéma: « un rêve dormi debout». Avec un minimum de truquages, en puisant adroitement dans le stock en magasin du merveilleux classique (château, forêt, candélabres animés, cheval magique, amour triomphant du sortilège ... ), le cinéaste est parvenu à créer un univers de pure féerie. Un maître décorateur, Christian Bérard, l'a aidé à façonner une «autre réalité», où l'esthétique picturale joue son rôle : on est à mi-chemin de Vermeer de Delft et de Gustave Doré.

Dans cette somptueuse imagerie, le blason du poète a trouvé un écrin à sa mesure. Et Si le «vol nuptial » de la fin a quelque chose d'un peu ambigu, de désincarné, on n'y prend pas garde. Le «bain lustral de l'enfance» a recouvert les récifs des fantasmes.



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