Les années 1948 à 1951


Joan Fontaine

Les films de l'année 1948

Les films de l'année 1949

Les films de l'année 1950

Les films de l'année 1951

* Rashômon , un film japonais de Akira Kurosawa, sorti en 1950 ; scénario d' Akira Kurosawa & Shinobu Hashimoto d'après Ryunosuke Akutagawa, musique de Fumio Hayasaka, durée : 88 mn; avec : Toshirô Mifune ( Tajômaru, le bandit), Machiko Kyô ( Masako), Masayuki Mori ( Takehiro), Takashi Shimura ( le Bûcheron), Minoru Chiaki ( Le Bonze), Kichijiro Ueda , Fumiko Honma ( La sorcière), Daisuke Katô ( Le policier )

L'action se passe dans la campagne japonaise au Xe siècle, pendant une guerre civile. Un bûcheron et un bonze devisent sous le porche d'un temple, méditent sur la dureté des temps.Ils se souviennent d'un procès qui vient d'avoir lieu, et où ont été confrontés quatre recits partiellement contradictoires d'un événement sanglant.
Un samouraï et sa femme, alors qu'ils se promenaient dans la forêt, ont été agressés par un bandit de grand chemin, le féroce Tajomaru. Le mari est mort dans des circonstances non élucidées.
Y a-t-il eu viol ? L'épouse était-elle ou non consentante? Le mari a-t-il fui lâchement, l'a-t-on tué ou s'est-il suicidé pour échapper au déshonneur?

Chacun des protagonistes a sa version des faits, y compris l'esprit du défunt, relayé par une sorcière. Le bûcheron aussi a vu la scène et la raconte à sa façon. Qui croire? Le bonze en conclut à la faiblesse de la nature humaine. Non loin de là, un bébé pleure, abandonné, le bûcheron le recueillera, dans un élan de charité. Ce film est une reflexion profonde sur la vérité et la fiabilité des témoignages. Sa beauté plastique est stupéfiante avec ses superbes clairs-obscurs, gros plans sur les visages, jeux de lumière avec le soleil et le feuillage dans la forêt . A cela il faut ajouter un montage rythmé effectué par le réalisateur lui-même.

Ce film, qui révéla en occident le cinéma japonais, est le douzième qu'ait réalisé Akira Kurosawa (1910-1998). Son oeuvre se partage, à importance égale, entre films d'inspiration historique et sujets contemporains. Elle se ressent en outre fortement de l'influence des formes théâtrales traditionnelles, nô (drame lyrique) et kabuki (drame populaire), plus ou moins occidentalisées.

Rashomon a obtenu de nombreuses récompenses dont le Lion d'or au festival de Venise ainsi que l'Oscar du meilleur film étranger.

* Casque d'Or de Jacques Becker, sorti en 1951, durée: 96 mn, scénario de Jacques Becker et Jacques Companeez
avec Simone Signoret (Marie), Serge Reggiani (Manda), Claude Dauphin (Leca), Raymond Bussières (Raymond), William Sabatier (Roland), Jean Clarieux (Paul), Gaston Modot (Danard), Loleh Bellon (Léonie), Émile Genevois (Billy), Roland Lesaffre (le garçon de café), Paul Barge (l'inspecteur Juliani), Paul Azaïs, Claude Castaing, Daniel Mendaille.


Signoret et Reggiani

Dans une guinguette sur les bords de la Marne, vers 1900, les hommes de Leca - une bande d' "Apaches", (petits truands dans le vocabulaire de l'époque) sont venus guincher en compagnie de leurs régulières.

Leur égérie est la belle Marie, que sa coiffure d'un roux flamboyant a fait surnommer «Casque d'or». Pour narguer son protecteur, elle flirte ouvertement avec un ouvrier charpentier, Manda, un ancien copain de Raymond « le Boulanger».
Commencée dans l'euphorie générale, l'affaire va tourner au drame.
Un combat à la loyale est organisé dans l'arrière-cour d'un café de Belleville où la bande a ses habitudes. Le sang coule, Manda doit fuir à Joinville, où Marie vient le rejoindre.

Mais Leca ne veut pas laisser passer l' affaire. Il dénonce Raymond à la police, sachant l'amitié qui le lie à Manda. Convaincu de sa traîtrise, Manda l'abat comme un chien.
Il sera conduit à l'échafaud, sous les yeux de Marie écrasée de chagrin.

Le point de départ de ce joyau du cinéma français est emprunté à la chronique judiciaire de la Belle Époque. Casque d'or était une reine du trottoir, chantée par Xanroff. Manda et Leca avaient chacun leur bande, qui rivalisaient .
Jacques Becker (1906-1960) a profondément idéalisé les personnages et donné à l'aventure les dehors d'une complainte romantique et nostalgique. Le ton est donné par la musique du "Temps des cerises", chantée par un choeur de mendiants.

Jacques Becker déclare aux Cahiers du Cinéma en février 1954:" Il faut tenir compte du fait que le dialogue est terriblement linéaire, pour ne pas dire rudimentaire, qu’il est extrèmement économique : Reggiani, par exemple, prononce en tout une soixantaine de mots. (...) Quand on fait de la mise en scène, on dialogue peu parce qu’on cherche à donner le plus de vie et de vérité possible à la scène et au jeu."


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