Partie nord de la Tanzanie

Présentation de la Tanzanie




Sur un mur de l'école de Marangu, deux cartes pédagogiques, peintes, permettent aux éléves
de situer la Tanzanie en Afrique et de localiser les différentes provinces du pays

Présentation générale( statistiques 2003)

Superficie: 946 000 km² dont 2 600 pour Zanzibar et environ 100 000 km² de réserves

Point culminant: le Kilimanjaro 5895 m

Population: 35,5 millions d'habitants dont moins d'un million à Zanzibar
130 ethnies différentes, diversité de langues et de religions
Espérance de vie: 45 ans

Villes: Dodoma, la capitale (1 500 000 hab) dans l'intérieur;
Dar es-Salam, la ville la plus importante et l'ancienne capitale ( 2 000 000 hab), sur la côte ;
Mwanza (300 000 hab) ; Zanzibar ( 170 000 hab) ; Arusha (150 000 hab)

PIB par habitant: 520 $

Principales ressources: Café, coton, sisal, clou de girofle, tourisme en progression dans le nord du pays.

Un peu d'histoire

La Tanzanie est la réunion (depuis 1964) de l'île de Zanzibar et du Tanganyika qui possèdent chacun leur propre histoire.

L'histoire de la Tanzanie est cependant beaucoup plus ancienne puisque, selon l'hypothèse scientifique actuellement dominante, ce serait dans la région et plus particulièrement dans une zone comprise entre la vallée du Rift et la steppe masai que l'hominisation se serait produite il y a trois ou quatre millions d'années.
Le Rift, cette fracture géologique qui parcourt la Tanzanie du nord-est vers le sud-est, constitue d'ailleurs un miracle pour les chercheurs, car elle permet d'étudier des couches sédimentaires enfouies ailleurs à des profondeurs inaccessibles.
L'évolution du genre Homo qui s'y lit à livre ouvert peut ainsi y être suivie depuis ses origines les plus lointaines.

La Tanzanie est une création coloniale. Les hommes qui composent sa population sont extrêmement différenciés et même fragmentés. Les trente millions de Tanzaniens sont en effet répartis en plus de cent tribus dont aucune n'est véritablement dominante au point de vue démographique. Dans l'ordre d'importance : les Sukuma, 12% ; les Nyamwezi 5% ; les Ha 4% ; les Makonde 3,8% ; les Gogo 3,7% ; les Haya 3,6% ; les Chagga 3,2%. Quant aux célèbres Masai, leur pourcentage est anecdotique, puisqu'ils ne sont que 1,7% de la population totale.
Ces populations appartiennent à deux grands ensembles ethniques. Les nilotiques ou para-nilotiques, sont des pasteurs à la haute taille infiltrés dans la région par vagues successives, dont les plus anciennes datent du début du premier millénaire avant J.-C. et les plus récentes des XVIIe ou même XVIIIe siècles. Le second groupe est celui des bantuphones dont les ancêtres sont probablement présents dans la région depuis le Ve ou le IVe siècle avant J.-C.

Zanzibar

Dès le 8ème siècle, des Arabes venus d'Oman établissent des comptoirs à Zanzibar, à partir desquels ils commercent avec le continent qu'ils nomment la terre des Zinj (« Noir » en arabe). Zanzibar et Kilwa deviennent progressivement des sultanats arabes indépendants, peuplés par des Arabes et des Africains. Après une brève domination portugaise, Zanzibar et Pemba sont assujetties par le sultan d'Oman. En 1832, le sultan Sayyid Said transfère sa résidence à Zanzibar, d'où il étend sa zone d'influence commerciale. Il développe notamment la production de girofle et d'huile de palme, et pratique de manière intensive la traite des Noirs avec le continent.
La Grande-Bretagne établit sa domination sur l'île, en 1890. Le sultan n'est pas destitué, mais les décisions politiques et économiques émanent pour l'essentiel de la Couronne britannique.
Vers 1930, des affrontements ont lieu entre Indiens et Arabes d'une part, Africains d'autre part. Le sultan Khalifa Ben Harub use de son influence pour faire accepter la loi britannique.
À sa mort, en 1960, l'île de Zanzibar est agitée par des troubles politiques, et obtient l'indépendance le 9 décembre 1963. Quelques semaines plus tard, un violent soulèvement de la population africaine issue des anciens esclaves éclate, le sultan est renversé et les Arabes pourchassés.
Le parti afro-shizari, proche de Nyerere et dirigé par Cheikh Abeid Amani Karume, prend le pouvoir.

Tanganyika

La partie continentale de l'actuelle Tanzanie abrite des ossements des premiers hominidés, comme ceux de l'australopithèque. Le nord du pays, à partir du lac Victoria, voit arriver les premiers agriculteurs bantous il y 2000 ans. Au nord-est s'établissent les peuples de langues nilotiques, des pasteurs.
La traite des Noirs, contrôlée par Zanzibar, est pratiquée massivement aux 18ème et 19ème siècles.
En 1890, le traité d'Héligoland entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne reconnaît la domination britannique sur Zanzibar et les droits de l'Allemagne sur la partie continentale du pays.
Après avoir brisé brutalement la résistance africaine, les colons de la Compagnie allemande de l'Afrique de l'Est instituent le travail forcé et développent les plantations de café et de thé dans le Nord, de coton dans le Sud. Lors de la Première Guerre mondiale, l'Afrique-Orientale allemande devient le théâtre d'opérations militaires : l'Allemagne parvient dans un premier temps à résister aux troupes britanniques, supérieures en nombre, mais doit capituler en 1918.
En 1920, l'Afrique-Orientale allemande devient territoire britannique sous mandat de la Société des Nations (SDN), et prend le nom de Tanganyika . Les gouverneurs britanniques appliquent une politique de colonisation minimale.
En 1947, le Tanganyika est placé sous la tutelle directe de l'Organisation des Nations unies (ONU). La TANU, créée en 1954 et dirigée par Julius Nyerere, devient l'interlocuteur privilégié de l'ONU.
Lorsque le Tanganyika obtient l'indépendance en décembre 1961, Nyerere prend la tête du gouvernement avant de devenir, l'année suivante, président de la république du Tanganyika.

La Tanzanie unie

En 1964, Nyerere engage des pourparlers avec le cheikh Karume, Premier ministre de Zanzibar, qui aboutissent à la création de la Tanzanie en avril. L'accord entre les deux parties est motivé par des intérêts mutuels : Zanzibar bénéficie de l'aide du continent et Nyerere peut contenir la révolution légalement. Ce dernier devient président de l'union, Karume étant promu au poste de vice-président. Cependant, l'intégration s'avère difficile et les disparités entre les deux régions ne peuvent être effacées.

Au début des années soixante, la Tanzanie est un pays pauvre, disposant de peu de ressources exportables, d'une industrie à l'état embryonnaire et dont l'agriculture est fondée sur les cultures vivrières.
En février 1967, Nyerere, dans un discours prononcé à Arusha, pose les principes fondateurs d'une nouvelle politique économique, visant notamment à atteindre l'autosuffisance alimentaire et jetant les bases d'un socialisme à la tanzanienne.
Nyerere tente d'unifier le pays en dépassant les clivages ethniques (utilisation du swahili) mais l'État exerce progressivement son contrôle sur tous les secteurs de la vie économique. Les banques et les sociétés privées sont nationalisées et des coopératives d'État sont créées afin de subvenir aux besoins de la population. La propriété agricole est exploitée selon un système communautaire, et les agriculteurs, jusque-là dispersés, sont regroupés au sein de villages appelés ujamaa (solidarité).

Entre 1970 et 1980, tandis que le Kenya, qui a choisi l'économie libérale, s'éloigne de la Tanzanie, le pays joue un rôle important par son appui aux mouvements africains de libération. Les nationalistes du Mozambique y trouvent refuge pour organiser leur guérilla contre les Portugais. À la suite d'un incident de frontière, les troupes tanzaniennes entrent en Ouganda en 1979, contribuent au renversement du régime d'Idi Amin Dada et maintiennent leur présence dans le pays jusqu'en 1981.
Benjamin Mkapa Benjamin Mkapa accède à la présidence de la Tanzanie en 1995 à l'issue des premières élections multipartites depuis l'indépendance. Il est réélu en 2000.

La Tanzanie s'efforce de maintenir son influence dans la région des Grands Lacs, politique symbolisée par l'installation à Arusha en mars 1996 du Tribunal pénal international chargé de juger les responsables du génocide commis au Rwanda en 1994.
Le président Mkapa doit cependant faire face à une situation difficile marquée par une forte crise économique, une épidémie de sida qui touche près de 1,3 million de Tanzaniens et la présence de près de 300 000 réfugiés en provenance du Burundi.


Langues et religions

Les deux langues officielles sont l'anglais et le swahili, langue véhiculaire d'Afrique de l'Est.
Chaque groupe ethnique a toutefois conservé son propre idiome et de nombreuses langues bantoues et nilotiques sont parlées.
Le christianisme concerne 45 p. 100 de la population, avec une majorité de catholiques, mais aussi des anglicans et des luthériens. L'islam, pratiqué par 35 p. 100 de la population, est la religion dominante dans les régions côtières et à Zanzibar (99 p. 100 des Zanzibarites).
Un quart de la population maintient ses croyances animistes, qui restent vivaces même chez les pratiquants des religions monothéistes.


Le drapeau de la Tanzanie
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