Les films de l'année 2016



Rooney Mara (Carol de Todd Haynes)


Golshifteh Farahani (Paterson de Jim Jarmush)

Films par ordre alphabétique, sortis en salles en France en 2016

Palmarès

Festival de Cannes 2016

  • Palme d'or : Moi, Daniel Blake (I, Daniel Blake) de Ken Loach
  • Grand prix : Juste la fin du monde de Xavier Dolan
  • Prix d'interprétation féminine : Jaclyn Jose dans Ma' Rosa,
  • Prix d'interprétation masculine : Shahab Hosseyni dans Le Client (Furushande)
  • Prix de la mise en scène (ex-æquo) : Olivier Assayas pour Personal Shopper
  • Cristian Mungiu pour Bacalaureat
  • Prix du scénario : Asghar Farhadi pour Le Client (Furushande)
  • Prix Un certain regard : The Happiest Day in the Life of Olli Mäki (Hymyilevä Mies) de Juho Kuosmanen
  • Prix du jury un certain regard : Harmonium (Fuchi ni Tatsu) de Kôji Fukada
  • Caméra d'or Divines de Houda Benyamina
  • Prix FIPRESCI : Toni Erdmann, de Maren Ade
César du cinéma 2017
  • Meilleur film : Elle de Paul Verhoeven
  • Meilleur réalisateur : Xavier Dolan pour Juste la fin du monde
  • Meilleur film étranger : Moi, Daniel Blake de Ken Loach
  • Meilleur premier film : Divines de Houda Benyamina
  • Meilleur scénario original : Sólveig Anspach et Jean-Luc Gaget pour L'Effet aquatique
  • Meilleure adaptation : Céline Sciamma pour Ma vie de Courgette , d'après le roman Autobiographie d'une courgette de Gilles Paris
  • Meilleur film d'animation : Ma vie de Courgette de Claude Barras
  • Meilleure actrice : Isabelle Huppert dans Elle
  • Meilleur acteur : Gaspard Ulliel pour le rôle de Louis dans Juste la fin du monde
  • Meilleure actrice dans un second rôle : Déborah Lukumuena pour le rôle de Maimouna dans Divines
  • Meilleur acteur dans un second rôle : James Thierrée pour le rôle de George Foottit dans Chocolat

Les 15 meilleurs films de la rédaction de Télérama

  1. Elle de Paul Verhoeven
  2. Moi, Daniel Blake de Ken Loach
  3. Café Society, de Woody Allen
  4. Juste la fin du monde Xavier Dolan
  5. Julieta de Pedro Almodóvar
  6. Toni Erdmann, de Maren Ade
  7. Frantz de François Ozon
  8. La Tortue rouge Michael Dudok de Wit
  9. Les Ogres de Léa Fehner
  10. Paterson de Jim Jarmusch
  11. Aquarius, de Kleber Mendonça Filho
  12. Nocturama de Bertrand Bonello
  13. Midnight Special, de Jeff Nichols
  14. Victoria de Justine Triet
  15. L'Économie du couple de Joachim Lafosse

Spécial enfants:


Les 20 meilleurs films de la rédaction des Inrocks (classement pondéré des critiques)

  1. Elle de Paul Verhoeven
  2. Victoria de Justine Triet
  3. L’Ornithologue de João Pedro Rodrigues
  4. Toni Erdmann, de Maren Ade
  5. Kaili Blues de Bi Gan
  6. L’Avenir de Mia Hansen-Løve
  7. Nocturama de Bertrand Bonello
  8. Aquarius, de Kleber Mendonça Filho
  9. Julieta de Pedro Almodóvar
  10. Rester vertical d'Alain Guiraudie
  11. Un jour avec, un jour sans de Hong Sangsoo
  12. Manchester by the Sea, de Kenneth Lonergan
  13. Midnight Special de Jeff Nichols
  14. Les Huit Salopards de Quentin Tarantino
  15. The Assassin (Nie yinniang ) de Hou Hsiao-Hsien
  16. Everybody Wants Some!! de Richard Linklater
  17. Carol de Todd Haynes
  18. Homeland : Irak année zéro d’Abbas Fahdel
  19. Juste la fin du monde de Xavier Dolan
  20. Ma Loute de Bruno Dumont

Les 20 meilleurs films de la rédaction du Monde (classement pondéré des critiques)

  1. Aquarius, de Kleber Mendonça Filho
  2. Manchester by the Sea, de Kenneth Lonergan
  3. Toni Erdmann, de Maren Ade
  4. Un jour avec, un jour sans, de Hong Sang-soo
  5. Julieta de Pedro Almodóvar
  6. Kubo et l’Armure magique, de Travis Knight
  7. Nocturama de Bertrand Bonello
  8. Les Innocentes, d’Anne Fontaine
  9. The Assassin (Nie yinniang ) de Hou Hsiao-Hsien
  10. Your Name, de Makoto Shinkai
  11. Brooklyn Village, d’Ira Sachs
  12. Creed, de Ryan Coogler
  13. Diamant noir, d’Arthur Harari
  14. Elle de Paul Verhoeven
  15. Homeland : Irak année zéro d’Abbas Fahdel
  16. Midnight Special, de Jeff Nichols
  17. Juste la fin du monde , de Xavier Dolan
  18. Nerve, d’Ariel Schulman et Henry Joost
  19. Swagger d'Olivier Babinet
  20. Fais de beaux rêves de Marco Bellocchio

Les 10 meilleurs films des Cahiers du Cinéma

  1. Toni Erdmann, de Maren Ade
  2. Elle de Paul Verhoeven
  3. The Neon Demon Nicolas Winding
  4. Aquarius, de Kleber Mendonça Filho
  5. Ma Loute de Bruno Dumont
  6. Julieta de Pedro Almodóvar
  7. Rester vertical d'Alain Guiraudie
  8. La Loi de la jungle Antonin Peretjatko
  9. Carol de Todd Haynes
  10. Le Bois dont les rêves sont faits Claire Simon

Quelques films

* 45 ans (45 Years) film britannique écrit et réalisé par Andrew Haigh, sorti le 6 février 2015 (Berlinale) , en France le 27 janvier 2016, scénario adapté de la nouvelle In Another Country de David Constantine avec Charlotte Rampling : Kate Mercer; Tom Courtenay : Geoff Mercer respectivement Ours d'argent de la meilleure actrice et du meilleur acteur.

Une semaine dans la vie d'un couple de retraités, Geoffrey et Kate, sans enfants, de classe moyenne. Un cottage confortable à proximité d'un village, et d'une petite ville portuaire. Un chien, Max, berger allemand, qu'elle promène, alerte, pendant qu'il reste à lire à la maison, mal rasé, mal en point. Leur quarante-cinquième anniversaire de mariage, le samedi, doit réunir l'ensemble de leurs amis dans une salle municipale. Pourquoi fêter les 45 ans? parceque pour les 40 ans, Geoff a subi un gros pontage et une longue hospitalisation.

Ce lundi, en revenant de la promenade de Max, elle lui transmet le courrier. Une lettre le perturbe, écrite en allemand : des autorités suisses lui signifient qu'avec la fonte des glaciers, on a retrouvé le corps d'une femme, pris dans la glace, qui pourrait être une certaine Katya, disparue dans une crevasse cinquante ans plus tôt. Cela bouleverse leur couple.

Ils l'ont retrouvée ! - Mais qui ?

Il se met à lui parler de Katya, de leur excursion alpine, de leur relation. Allongée, la nuit, dans le lit conjugal, Kate pose une question à son mari. Cette femme, disparue il y a un demi-siècle dans les glaces des Alpes et dont on vient de retrouver le corps, cette Katya dont il ne lui a jamais (ou très peu) parlé, mais qui semble avoir eu une si grande place dans sa vie, l'aurait-il épousée, jadis, si elle n'était pas morte ?... Sans la moindre hésitation, comme une évidence, Geoff lui répond « Oui. » Et rien ne compte plus, soudain, pour Kate que ce oui. Tout s'écroule. Ce n'est pas vraiment de la jalousie, mais une brisure.

Elle tente de réagir. Dans quelques jours aura lieu cette fête, et il lui faut régler les détails, acheter des cadeaux. Elle essaie, donc, de se persuader que sa réaction était folle, irraisonnée. D'ailleurs, la vie semble reprendre son cours. Un soir, elle danse avec Geoff au son de Smoke gets in your eyes et ils tentent même de faire l'amour, comme avant.

Mais le fantôme de cette rivale au prénom si semblable au sien ne la quitte plus, elle se croyait l'élue, elle n'était que la doublure. Elle n'a servi à Geoff que de pansement, de remède contre ses doutes et ses angoisses. Elle découvre, en fouillant, la grossesse de Katya et repense au choix qu'ils ont fait de ne pas avoir d'enfant.

Alors qu’il semblait s’engager sur les rails confortables d’un face-à-face conjugal postbergmanien, délicat mais un peu académique, le film se dérègle ainsi dans un climat d’étrangeté morbide, rejouant le motif du remplacement amoureux de Sueurs froides. Le personnage de Geoff reste ici obsédé par l’image d’une femme disparue, fantasmatique, et Andrew Haigh capture ce désir fétichiste dans une mise en scène à la fois discrète et terrible où le réalisateur a l'intelligence de faire du troisième âge non pas une génération molle et assoupie, mais ardente et tourmentée. Charlotte Rampling et Tom Courtenay, récompensés à Berlin, sont à l'aise dans cet univers chuchoté et menaçant. Leurs voix, leurs intonations et même leurs silences créent, à chaque instant, une ambiguïté profonde.


* Swagger film documentaire français, réalisé par Olivier Babinet, sorti le 14 Mai 2016 (Cannes , section ACID) , en salles France le 16 novembre 2016, durée 84 minutes.

Olivier Babinet est un réalisateur français, né à Strasbourg, il est révélé au grand public en France avec la série Le Bidule diffusée en 1999 sur Canal+. Son premier long-métrage Robert Mitchum est mort, coréalisé avec le photographe Fred Kihn, est projeté au 63e festival de Cannes à l’Acid. Le film a notamment remporté le GrandPrix du Festival Premiers Plans d’Angers et a été nominé en tant que meilleur premier film au Raindance London Festival.
En parallèle de ses activités de scénariste et de réalisateur, Olivier Babinet travaille pendant deux années avec des collégiens d’Aulnay-sous-Bois. Dans un quartier où 50 % des familles vivent en dessous du seuil de pauvreté. Cette collaboration a abouti à la réalisation par ces adolescents de 8 courts-métrages fantastiques et de science-fiction. Au fur et à mesure de ces rencontres l’idée de leur consacrer un film documentaire a germée. Quatre années en tout, passées en immersion avec eux.

Régis veut devenir styliste. Avec son nœud papillon proéminent, il est populaire (« Je suis pas Beyoncé, mais je suis apprécié des gens : on va dire ça comme ça ! »). Il vante le style de Barack Obama et raconte, irrésistible, un épisode particulièrement complexe des Feux de l'amour, où « même quand c'est moche, tout est beau ». Paul, l'Indien, dont le père un peu malade le tape quand il ne prend pas ses médicaments, se balade, en costume-cravate. Ses copains se sont foutus de lui, évidemment, et puis l'ont trouvé très classe.
Les filles sont aussi filmées avec empathie : Astan, qui ne connaît pas « des Français de souche. C'est quoi "souche" ? ». Naïla, toute menue, toute fragile, déteste Mickey et les poupées Barbie, et rêve de devenir architecte pour construire des maisons plus belles et confortables que la sienne. Aissatou, elle, a bien du mal à prononcer son prénom. Elle hésite, elle trébuche. Elle oublie tout, même ses rares souvenirs heureux, trop lourds pour elle.

Olivier Babinet filme Aulnay et Sevran, la nuit, comme des lieux mystérieux, beaux et dangereux. Sa caméra joue avec l'espace, elle semble s'envoler, par moments, avant de s'introduire par la fenêtre d'un immeuble, comme pour en percer les secrets. Et c'est le même regard, ample et précis, qu'il pose sur les onze petits héros qu'il a filmés durant des mois pour en faire de vrais personnages. Contrairement à d'autres films sur la banlieue, pas de révolte, pas de violence, mais une profonde empathie de la part du réalisateur.

Swagger a beau être un documentaire, ce sont bien des personnages qui s’adressent à la caméra. Ce film n'a pas de sujet central, mais parle d'un peu tout. Tout ce qui peut préoccuper un collégien vivant dans une cité “dont les Français sont partis”, en ce milieu des années 2010. Les copains, l’école, l’intégration, dans la classe, dans le quartier, dans le pays, dans le monde, la religion, les types qui tiennent les cages d’escaliers, et puis le swag (fanfaronnade).
Beaucoup de cinéastes auraient été tentés de capter un bout de “réalité brute”, de lénifier sur les “territoires perdus de la République” ou, à l’inverse, sur le “vivre ensemble” et autres fables pour JT de 20 h. Babinet est à la fois plus ambitieux et plus terre-à-terre. Ce qui l’intéresse est de sublimer des récits (qu’il remet parfois en scène dans des micro-fictions), et de tout simplement d’offrir du cinéma à ceux qui n’ont généralement droit qu’au reportage.

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