Le mouvement Supports/Surfaces

Les Artistes

Le groupe " Supports/Surfaces " a réuni des peintres et des sculpteurs, pour la plupart originaires du Sud de la France.
La définition du groupe est fluctuante, les premières "démissions" eurent lieu très vite et le périmètre ne s'est précisé qu'a posteriori, au long des retrospéctives ultérieures.

Au sens strict, le groupe, en 1970, comprend 12 artistes (10 peintres et 2 sculpteurs, Grand et Pagès)


Vincent Bioules


Louis Cane


André-Pierre Arnal ( né en 1939 à Nimes)
Vincent Bioulès ( né à Montpellier en 1938 )
Louis Cane (né à Beaulieu sur Mer en 1943) biographie
Marc Devade ( Paris 1943 – Paris 1983)
Daniel Dezeuze ( né en 1942 à Alès ) voir son site web
Noël Dolla ( né en 1945 )
Toni Grand , sculpteur (Gallargues 1935 - Mouriès 2005)
Bernard Pagès, sculpteur ( né en 1940 à Cahors) biographie
Jean-Pierre Pincemin (Paris, 1944 - Arcueil, 2005) biographie
Patrick Saytour (né en 1935) voir aussi biographie
André Valensi (Paris 1947- Lomé, Togo 2001)
Claude Viallat ( né en 1936 à Nimes) biographie

Dès la première rétrospective du groupe, en 1974 (Nouvelle Peinture en France, pratiques/théorie, Musée d'art et d'Industrie de St Étienne), sont également présents:

Christian Jaccard ( né en 1939 à Fontenay sous Bois )
Jean-Michel Meurice (né à Lille en 1938)

D'autres artistes, en marge du groupe, ont néanmoins participé à cette mouvance par leur recherche plastique :

Marcel Alocco (né à Nice en 1937)
Pierre Buraglio ( né en 1939 à Charenton) biographie
André Nouyrit (né à Cahors en 1940)
François Rouan ( né à Montpellier en 1943 )

 


Jean-Pierre Pincemin


Daniel Dezeuze


Claude Viallat


Toni Grand


Bernard Pages


Le Mouvement :

En juin 1969, lors d'une exposition au musée du Havre intitulée « La peinture en question », Louis Cane, Daniel Dezeuze, Patrick Saytour et Claude Viallat déclarent: « L'objet de la peinture, c'est la peinture elle-même et les tableaux exposés ne se rapportent qu'à eux-mêmes. Ils ne font point appel à un "ailleurs" (la personnalité de l'artiste, sa biographie, l'histoire de l'art, par exemple). Ils n'offrent point d'échappatoire, car la surface, par les ruptures de formes et de couleurs qui y sont opérées, interdit les projections mentales ou les divagations oniriques du spectateur. La peinture est un fait en soi et c'est sur son terrain que l'on doit poser les problèmes.
Il ne s'agit ni d'un retour aux sources, ni de la recherche d'une pureté originelle, mais de la simple mise à nu des éléments picturaux qui constituent le fait pictural. D'où la neutralité des oeuvres présentées, leur absence de lyrisme et de profondeur expressive. » Sur le plan formel, Claude Viallat résumait clairement leurs travaux : « Dezeuze peignait des châssis sans toile, moi je peignais des toiles sans châssis et Saytour l'image du châssis sur la toile. »

Le membres du groupe prétendent démystifier l'objet artistique en manipulant les différentes techniques qui participent pourtant à son élaboration en tant que tel ; et aucun ne s'est véritablement opposé à l'achat par des organismes publics de cette oeuvre démystifiée. De la même façon, les membres révolutionnaires de support-surface ont très majoritairement, lorsqu'elle leur était proposée, accepté l'opportunité d'enseigner dans les écoles d'art.

Le groupe " Supports/Surfaces " fut un mouvement éphémère: La première exposition du groupe se tient en 1969 au Musée d'art moderne de la Ville de Paris. Elle regroupe des artistes privilégiant la pratique de la peinture qui interroge ses composants élémentaires. Remettant en question les moyens picturaux traditionnels, ces artistes associent à cette recherche une réflexion théorique et un positionnement politique au sein de la revue "Peinture- Cahiers théoriques." Des dissensions apparaissent entre les membres du groupe et la scission arrive en 1972.

Ce mouvement ne se caractérise pas par un style particulier mais plutôt par une démarche qui accorde une importance égale aux matériaux, aux gestes créatifs et à l'œuvre finale. Le sujet passe au second plan. Au delà de cette phase de brassage d'idées, chaque artiste évolua dans des directions allant de la figuration libre à l'expressionnisme abstrait.

Dés 1966 le support traditionnel est remis en question : Buraglio récupère des morceaux de toile et des éléments de fenêtre qu’il assemble. Dezeuze dissocie la toile du chassis. Viallat emploie des matériaux de récupération, toiles de bâche, parasols, tissus divers, corde nouée ou tressée. Il restera ensuite jusqu’à nos jours fidèle à ces supports. Bernard Pagés et Toni Grand travaille sur le bois et les cordes. Jaccard utilise des cordes nouées pour imprimer leurs empreintes sur la toile, qu’il expose simultanément avec les cordes qui ont servi d’outils. Enfin Rouan peint deux toiles qu’il découpe et tresse ensemble. Saytourrevisite la technique du pliage

Pincemin et Viallat répètent de façon neutre le même motif. Cane utilise des tampons et Viallat applique de la couleur au Pochoir. De plus Meurice et Viallat utilise des colorants destiné à l’artisanat. Toutes ces pratiques témoignent de la volonté d’un retour au geste primitif.

Simultanément des recherches comparables sur la question de l’œuvre et du processus de création se développent à la fin des années 60, en particulier dans le cadre de l’art minimal américain, ou de l’Arte Povera italien.

Depuis le début de l’année 2001, le groupe " Supports/Surfaces " occupe la place qu’il mérite au Centre Pompidou, un espace entier lui est consacré ( salle 11, niveau 4)

A voir, une galerie représentative d'oeuvres de Supports/Surfaces !! 


Quelques compléments de biographies


Louis Cane


Louis Cane est né en 1943 à Beaulieu-sur-Mer (06). En 1961, il entre à l’Ecole nationale des Arts décoratifs, à Nice, puis effectue deux années  d’études à l’Ecole nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris.

( A voir, une fiche très documentée sur Louis Cane )

1967-1968 Cane expose, avec Arman, Ben, Noël Dolla et Patrick Saytour, au Hall des Remises en question, nouveau lieu ouvert par Ben à Nice, une toile oblitérée par une série de cachets-tampons, sur toute  la surface du papier, LOUIS CANE ARTISTE PEINTRE. Les Tampons,  constituent, avec les Papiers collés (papiers peints puis découpés en fines bandes et recollés sur feuille de kraft) les premiers travaux de l’artiste.
Lors de la première exposition du groupe Supports/ Surfaces, Viallat  refuse la participation de Cane, qui distribue alors dans l’exposition, un  texte théorique, contestant la cohérence du groupe, tract qui inaugure une série de polémiques et de contestations.
La revue, "Peinture, cahiers théoriques", dont Cane est l’un des fondateurs, paraît en 1971, en même temps que s’accentuent les divergences au sein du  groupe Supports/Surfaces. Il réalise cette même année, ses premières  expositions personnelles à Paris (galerie Templon et galerie Yvon Lambert  et participe à la deuxième et troisième exposition Supports/Surfaces au Théâtre de la Cité internationale à Paris en avril, puis en juin au théâtre de Nice.
Jusqu’en 1975, Cane continue ses séries abstraites : des Toiles découpées à compter de 1970, toiles sans châssis, étalées sur le sol, puis peintes par vaporisation et pliées en deux, enfin découpées et agrafées directement sur le mur suivies par les Toiles au sol de 1972, réflexion sur l’espace dans la peinture et sur le chromatisme, enfin les séries Sol/Mur de 1974-1975, des toiles noires saturées de couleur par pulvérisation.


Entre 1973 et 1978, il effectue de nombreux voyages en Italie, où les fresques de Raphaël au Vatican vont l’influencer, puis étudie la peinture classique, celle de Cimabue et de Giotto notamment.
En 1975 et 1976, il se met à pratiquer une peinture semi-abstraite : premiers dessins sur les Ménines et premières toiles peintes avec des arches, avec l'apparition de l'ange.
En 1977, il fait partie de l’exposition "L’avant-garde 1960-1976 : trois villes, trois collections" exposition itinérante (Marseille, Grenoble, Saint-Etienne et CNAC Centre Georges Pompidou à Paris) dans laquelle figuraient la plupart des artistes du mouvement Supports/Surfaces.


D’une peinture abstraite  à un retour définitif à la figuration, en 1978, Louis Cane réfléchit sur l’histoire des formes picturales et se lance dans une figuration exacerbée de figures emblématiques, des femmes nues et écartelées, des accouchements, des Annonciations, des déjeuners sur l’herbe... dans des styles. Cane n’a jamais caché ses sources : Picasso, Manet, Goya, Rembrandt, Matisse, et plus près de nous Frank Stella,  Jackson Pollock, et enfin de Kooning.
La sculpture qu’il aborde dès 1978, est pour lui une discipline familière, depuis ses années d’apprentissage. Les statues, féminines presque exclusivement, renouent avec la pratique traditionnelle du modelage, et les formes se montrent alors  tantôt burlesques, tantôt pathétiques, d’un expressionnisme baroque.

Dès la fin des années quatre-vingt, plusieurs expositions-rétrospectives remettent la mouvement Supports/Surfaces sur le devant de la scène: En 1990, le Château de Chambord  expose "Le Bel Age - Supports/Surfaces" et en 1991, le musée d’Art  moderne de Saint-Etienne présente "Supports/Surfaces", exposition itinérante (Tel Aviv, 1992 - Japon, 1993) avec une sélection rigoureuse.


Au début des années quatre-vingt-dix, Cane revisite  Monet, et réalise un ensemble de nymphéas, peints sur toile, soie, verre ou grillage, assemblés en polyptyques ; Il les expose en 1994 au musée de l’Orangerie à Paris


Série des Nymphéas

Bernard Pagès

Né à Cahors dans le Lot, le 21 septembre 1940.
Enfance à la ferme, libre et heureuse puis dans un village près de Cahors.
1959 Paris. Recalé à l’oral du concours d’entrée à l’école des beaux-arts.
Inscrit à l’atelier d’art sacré, qui réouvre - place Furstenberg.

1965-1966 Coaraze : village de l’arrière pays niçois. Reprend puis abandonne la peinture en faveur de la sculpture.
Rencontre Jacques Lepage qui lui fait connaître Claude Viallat, Bernar Venet, Erik Dietman, plus tard Patrick Saytour, Daniel Biga, Daniel Dezeuze.
Outillage rudimentaire - utilise le plâtre, la terre, le bois, la pierre et tire profit d’une aire bétonnée de 100 m².
1968-1969 Exposition des Nouveaux Réalistes à Nice. Participe grâce à Viallat et Lepage à de multiples expositions de groupe qui me posent chaque fois de nouvelles questions. Se considère proche de Support/Surface.
Premiers travaux photo utilisant l’environnement, le sol (tuyau d’arrosage, piquets, abri de jardin).
Rencontre Jean-Pierre Pincemin, admiration pour la saine vigueur des "carrés collés" et André Valensi.

1971 Rupture avec  Support/Surface, Pagès travaille en solitaire, ne se rend plus à Paris et ne participe à aucune exposition. Il entreprend alors des séries de Piquets, répertorie des tas de gravier, classe les états d’un Fil de fer recuit (1972), élabore les premiers Assemblages et illustre leur classement par leurs empreintes. 
Sa participation en 1974 à l’exposition "La nouvelle peinture en France" au musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne vient achever cette période de retrait.
Il présente l’année suivante à Paris à la galerie Eric Fabre, sa première exposition personnelle, constituée d’une série d’Assemblages. Il participe également à la neuvième Biennale de Paris. Il est invité en 1978 à réaliser des interventions directes sur la nature en trois lieux : au centre américain de Paris, il exécute un lit de 1200 briques; à Auzole, dans le Lot, un large quart de cercle d’herbe calcinée; dans la forêt de Neuenkirchen, un grand parcours coloré. Par la médiation de ces "trois empreintes géométriques dans le paysage", il opère un déplacement vers une rigueur plus marquée. Dès la fin de l’été, il entreprend ses premières Arêtes.

1983, Le Centre Georges Pompidou à Paris lui consacre une importante exposition. Il commence à travailler sur de plus grandes dimensions. Outre de nouvelles colonnes en pierre et maçonnerie, il réalise des pièces de métal.

A partir de 1985 il exécute des oeuvres monumentales dont l’Hommage à Gaston Bachelard, colonne installée à Mailly-Champagne, la Fontaine Olof Palme, à la Roche-sur-Yon, l’Hommage à Albert Camus, implanté à Nîmes et la colonne au siège des Affaires Culturelles de la Mairie de Paris.

En 1986 il organise un cheminement de fûts en demi-cercle sur le flanc d’une colline que domine le château d’Edimbourg.

 


Bernard Pagès, fils de fer

A partir de 1992, réalisations de commandes privées, comme la Fontaine parfumée de l’usine Fragonard à Eze, qu’accompagnent des expositions personnelles (musée Denys-Puech à Rodez, cloître de Saint-Trophime en Arles, etc.). Après l’installation de La pierre à l’éperon à l’Ecole des mines d’Alès, il expose en 1994 à Paris une série de Dévers et des oeuvres nouvelles au Château d’Arsac. En 1995, Exposition à caractère rétrospectif au musée Henri-Martin à Cahors et d’oeuvres récentes au musée Matisse de Nice.
1996 voit la mise en place du Dévers à la torsade, commandé par le rectorat d’Aix-Marseille, sur le parvis de l’Université de sciences et droit à Aix-en-Provence. L’ensemble des Acrobates a été exposé pendant l’été 1997 au Centre d’Art contemporain de Vassivière.
1998, une vingtaine de sculptures ont été exposées dans l’église Saint-Pierre à Avallon.

Galerie Jacques Girard, Toulouse
Support -surfaces dans les collections du Centre Georges Pompidou, Galerie nationale du Jeu de Paume, Paris
Centro cultural del Conde Duque, Madrid

1999 Maison de la culture de Namur, Belgique
Galerie Catherine Issert, Saint-Paul Bilan/actualité,
Centre d'art contemporain de Vassivière en Limousin
Les Champs de la Sculpture, Champs-Elysées, Paris

2000 25 ans - Echange de vues, galerie Catherine Issert, Saint-Paul


Bernard Pagès 2000

Jean-Pierre Pincemin (1944-2005)

Jean-Pierre Pincemin est né le 7 avril 1944 à Paris.

Enfant ordinaire, il préfere l'école buissonnière et les aventures de Blake et Mortimer aux leçons et devoirs. Pour le redresser, on l'envoie en pension chez les jésuites, puis on lui fait apprendre le métier de tourneur.
A 17 ans, muni d'un CAP, il entre dans une petite entreprise.
A 23 ans, il commence à peindre et abandonne définitivement son métier de tourneur.
Peintre, graveur et sculpteur, Jean-Pierre Pincemin expérimente d'abord des opérations et des gestes divers sur la toile : empreintes, teintures, collages, pliages, découpages...
A la fin des années 60, au sein de Supports/Surfaces il participe à une interrogation sur les conditions et le statut de la peinture. Il mène ensuite une réflexion sur la couleur et l'organisation de la surface colorée en damiers et bandes.

A la fin des années 80, tout en poursuivant son travail sur les harmonies et les contrastes chromatiques, il s'oriente vers la représentation, vers l'image et le sujet. Il inscrit des arbres de primitifs italiens, simples et plats, en forme de cyprès, dans un cycle sur "L'Année de l'Inde" , où l'on croise de grosses fleurs à la Warhol, des pattes et des trompes d'éléphants blancs, toute une figuration à motifs incertains, mais aux formes sûres, bien entretenues dans "un équilibre entre la présence d'une image et son absence".

Le peintre navigue alors selon ses caprices, s'inspirant de fables du Moyen Age, de l'imagerie chrétienne ou d'estampes japonaises, après les miniatures indiennes.

En 1995, à Liège, il figure la création du monde sur un plafond de 200 m2 à l'hospice du Balloir, en respectant à la lettre le récit biblique.

En 1999, Pincemin montre ses tableaux préférés dans une exposition à la Fondation Coprim, à Paris, puis il participe en 2000 à l'exposition "La peinture n'est pas un genre", qui défend la pratique picturale au Musée des beaux-arts de Tourcoing.

Pincemin donne aussi de drôles de sculptures, énormes parfois, comme cette barrière de béton aux allures de dragon, qui approche les 11 mètres de long. Par contre, d'autres sont faites de petites plaquettes de bois colorées et agrafées comme des éléments d'armure orientale.

Pour cet artiste dont " la grande affaire en peinture est d'aimer la peinture, de ne pas savoir comment peindre, d'inventer des moyens de peindre et assez vite, de pouvoir [s']identifier à la peinture occidentale ", l'art est synonyme de découverte et d'invention. Ce principe, conjugué à d'un besoin absolu de s'inscrire dans la tradition picturale, est le fondement d'une œuvre singulière, d'une grande rigueur logique.

Jean-Pierre Pincemin est mort le 17 mai 2005 à Arcueil (92)

( A voir, une fiche très documentée sur Jean-Pierre Pincemin )

Pincemin déclarait qu'il avait toujours eu "une idée ultraperfectionniste de la peinture : une vision qui est très proche de celle de Véronèse". Il précisait qu'il lui avait fallu dix ans pour apprendre à peindre et pouvoir faire un tableau. Il se disait "archiconventionnel". Et déclarait vouloir "prendre des formes du XXe siècle, la géométrisation, ou même l'abstraction, et les dire dans un langage qui serait pratiquement celui du XVIe siècle".

Expositions personnelles récentes:

2001 Rétrospective des gravures au Musée de la Louvière, Belgique
Musée de Clermont-Ferrand (peintures récentes)


2000 Galerie Denise Cadé, New York
Galerie Oniris, Rennes, FIAC (sculptures)
Galerie Hélène Trintignant, Montpellier


1999, retour à la couleur..

Une oeuvre de Jean-Pierre Pincemin


Claude Viallat  

Claude Viallat est né à Nîmes en 1936 où il vit et travaille.

Il étudie à l'Ecole des Beaux-Arts de Montpellier de 1955 à 1959, puis à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris en 1962-63. En 1966, Claude Viallat,  adopte un procédé à base d'empreintes, qui l'inscrit dans une critique radicale de l'abstraction lyrique et géométrique. Une forme  neutre, ni naturelle ni géométrique, est répétée sur une toile libre, sans châssis, déterminant la composition de l'œuvre. Depuis, l'artiste décline ce dispositif pictural, devenu le marqueur de son identité, sur des supports divers (bâches, toiles de voiles, de parasols, de tentes…) et avec
des techniques d'imprégnation de la couleur sans cesse renouvelées.
einture, solarisation de la toile,

Dans ses œuvres récentes, Claude Viallat est revenu à des surfaces planes rectangulaires ou carrées, privilégiant un déchaînement  des éléments constitutifs internes, mettant toujours plus l'accent sur les rapports de densité, d'intensité, de brillance entre les surfaces colorées.

A voir, une fiche très documentée sur Claude Viallat

Expositions:

Claude Viallat est représenté à Paris par la galerie Daniel Templon

Commandes publiques (sélection)


Pierre Buraglio

Pierre Buraglio est né le 4 mars 1939 à Charenton.

(Voir aussi biographie)

Il vit et travaille à Maison-Alfort et enseigne comme professeur à l’Ecole nationale supérieur des beaux-arts de Paris.

A la fin des années 1960, il est en contact avec deux mouvements: Supports-Surfaces et BMPT.
Le second, BMPT, dont les lettres reprennent les initiales des participants (Buren, Mosset, Parmentier et Toroni), défend l’idée d’une peinture présentant un minimum de signification - Buren, par exemple, fait toujours appel au même matériau : la fameuse bande alternée de 8,7 cm. Mais BMPT critique aussi les pouvoirs des institutions artistiques, leur déniant le droit qu’elles s’étaient arrogées en décrétant ce qui serait de l’art ou n’en serait pas.

Dans ce contexte, la pratique de Buraglio se distingue. Certes, il participe aux Salons de la Jeune Peinture, il est également exposé par la Galerie Jean Fournier - qui présente la peinture française d’avant-garde - mais dans le même temps, il ne rejette pas l’idée d’une pratique utilisant une certaine qualité de matière et une thématique formelle. Il participe il est vrai au démontage expérimental de l’histoire de l’art, mais sans démolir l’idée selon laquelle la qualité du tableau repose sur quelques codes esthétiques, tels que l’équilibre des couleurs, des contrastes et des lignes.

D'après 'Les Parlementaires" de Daumier:
Le travail de Buraglio épingle des figures extraites de leur contexte, non identifiables : détournement du type par effacement du référent. Buraglio poursuit à la fois le travail de l’oubli (on n’identifie plus les cibles aujourd’hui, à part Guizot), et de la dégradation inévitable de ces parlementaires. Rupture, avec Buraglio, qui ré-infléchit son travail dans le sens de celui de Daumier, en ayant recours à des papiers découpés. La sérialisation elle aussi participe de cet effet, puisque la sérigraphie renvoie au photocopillage, mode d’une reproduction très rapide et infinie. Buraglio poursuit la série et l’affiche, puisqu’il met en abîme l’effet de série. Chacun des Parlementaires devient série. Echo à l’histoire, puis réflexion sur la caricature, et sur une réécriture possible à l’heure de la diffusion plus que massive, incessante, des images.

Hommage à Sysley:
C'est un objet plastique, une forme géométrique irrégulière. D'une sorte de fenêtre brisée, s'échappent trois rectangles inégaux, trois morceaux. Enigmatique puzzle, présence intrigante: Cadre, support et représentation sont autant de catégories usuelles dont l'artiste se joue, en les travestissant. Sont laissées visibles la réalité matérielle de l'objet, l'existence plastique de ses composants premiers.


D'après Honoré Daumier " les parlementaires", 2003

Hommage à Sysley, 2003

Patrick Saytour

Patrick Saytour est né à Nice, en 1935.
Il vit à Aubais.

Voir aussi biographie

Au sein du groupe Supports/Surfaces, Patrick Saytour a toujours occupé, délibérément, une position marginale, critique, voire ironique. Son travail peut se définir comme une entreprise de déconstruction de la forme, de la couleur, du format, du cadre de présentation, pour reprendre les termes même de l’une de ses déclarations. Il se livrait alors à une sorte de parodie théâtralisée de l’art, mise en scène dans un vocabulaire pauvre et à l’aide d’une technologie primaire : pliages et dépliages systématiques, brûlages, trempages, solarisations, etc.

Les matériaux utilisés étaient et sont toujours choisis parmi les plus vulgaires ou les plus « kitsch » : tissus et fourrures plastiques, synthétiques, que l’on trouve en abondance sur les marchés que fréquentent les travailleurs immigrés.

À la fin des années 70, alors que se manifestait un retour à la figuration portant la peinture à renouer avec les mythes, le drame et la tragédie, il propose des assemblages d’objets de bazar : lampes, drapeaux, photos de pin-up, tapisseries décoratives décorées de caravelles, de biches dans des sous-bois, de princesses, de fantasias arabes, etc. Plus récemment, cette posture parodique a donné lieu sous des intitulés pompeux, Anniversaires, Célébrations, Chroniques, Commémorations, Couronnements, Javas, Noces, Noubas, Monuments, etc., à des œuvres subtiles, dont le dessein de déconstruction et d’accablement de l’art est joué dans les mises en page, d’une grande beauté formelle, de panoplies de costumes de fêtes pour enfants, de chemisettes en toile grossière, de vêtements de poupées, de bandes de carton, de feutre, de caissettes de bois, de maquettes de théatre, de gabarits et patrons de vêtements, de cartes géographiques, etc.


Trophée, 2004

Viennent ensuite des assemblages d’objets qui mettent en scène, monumentalisés à l’excès, des objets à la fois décoratifs et utilitaires dont une lampe métallique sortie du rêve paroxystique d’un bricoleur mégalomaniaque. Mais comme celles de Claes Oldenburg, ces « sculptures » ne s’en imposent pas moins comme des œuvres raffinées d’où émane une étrange séduction. Nous ressentons la même attirance en face de ces filets montés sur des cerceaux métalliques, où s’accrochent des fruits en plastique, des flotteurs de filets de pêche, des perles, des plumes, un attirail de décor festif dont l’artifice est exalté par une cosmétique du banal, le « pomponnage », plutôt, pour citer précisément Patrick Saytour, de l’œuvre d’art. Un pomponnage jubilatoire, arrangé avec un zèle d’étalagiste.

Les œuvres de Patrick Saytour ont été exposées dans la plupart des lieux d’Europe, d’Amérique et d’Asie dédiés à la présentation de l’art moderne et contemporain. Elles figurent dans la plupart des grandes collections publiques et privées. Patrick Saytour est représenté en France par la Galerie Bernard Ceysson.

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